Les déséquilibres cardiovasculaires résultent de l’interaction de multiples facteurs de risque génétiques, comportementaux, métaboliques, environnementaux, professionnels et socio-économiques. Ces facteurs peuvent s’accumuler au fil du temps, rendant la prévention et la détection précoce particulièrement importantes chez les femmes.
Une exposition plus importante au stress chronique
L’augmentation des déséquilibres cardiovasculaires chez les femmes s’explique en grande partie par l’évolution de leurs modes de vie. Les femmes sont aujourd’hui davantage exposées au stress chronique, à la charge mentale et au manque de sommeil, des facteurs reconnus pour impacter la pression artérielle, les déséquilibres métaboliques ou encore l’inflammation chronique.
Le stress prolongé est associé à une activation chronique de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, provoquant une élévation du cortisol et une perturbation du métabolisme lipidique et glucidique. Plusieurs études ont montré que les femmes présentant un stress chronique ont un risque cardiovasculaire augmenté, avec des phénomènes inflammatoires et endothéliaux plus marqués que chez les hommes.6
Tabac et alcool : des risques spécifiques chez les femmes
Le tabac constitue l’un des principaux facteurs de risque cardiovasculaire. En France, près d’un quart des 12 millions de fumeurs sont des femmes, exposées aux mêmes risques que les hommes mais aussi à des risques spécifiques souvent méconnus. Le tabagisme combiné7 à la contraception hormonale ou à la ménopause majore le risque cardiovasculaire.
Il est particulièrement toxique pour les artères féminines. 3 à 4 cigarettes par jour multiplient par 3 le risque cardio-vasculaire chez la femme. 8
L’alcool, consommé de manière excessive, a un effet similaire en augmentant la pression artérielle et les triglycérides. Les recommandations de l’OMS indiquent que la consommation doit rester modérée, idéalement moins d’un verre par jour pour les femmes, afin de limiter le risque cardiovasculaire.
Le manque de sommeil : un facteur déterminant
Le manque de sommeil, fréquent chez les femmes actives ou exposées à un stress chronique, induit une activation sympathico-surrénalienne, une résistance à l’insuline, une augmentation de la pression artérielle et des marqueurs pro-inflammatoires. Les études montrent que les femmes dormant moins de 6 heures par nuit présentent un risque cardiovasculaire accru de 1,5 à 2 fois comparé à celles bénéficiant d’un sommeil suffisant9.
Chez les femmes, ces effets peuvent être amplifiés pendant la ménopause, période où le sommeil est souvent perturbé par les bouffées de chaleur et les variations hormonales.